Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

gagosian-5-600-x-398 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

Takashi Murakami est un artiste japonais de renom qui travaille sur divers supports, aussi bien matériels que digitaux.

Il s’approprie des thèmes populaires tirés des médias de masse et de la culture pop, qu’il reproduit entre autres sous forme de sculptures, produits dérivés tels que des figurines ou du papier-peint, mais aussi et surtout en peintures….Cliquer ci-dessous pour voir la suite de l’article.

 

image1-600-x-472 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

Né à Tokyo en 1962, il intègre le Tokyo National University of Fine Arts & Music. Il débute son travail artistique par des oeuvres inspirées de thèmes traditionnels japonais, mais le succès des “Anime” et des “mangas” le pousse à se tourner vers la culture “Otaku”. Ce terme, dans un sens péjoratif similaire à celui de “nerd” ou “geek” aux Etats-Unis, désigne les personnes passionnées de mangas et de jeux vidéos.

Pour Takashi Murakami, la culture Otaku était plus représentative de la vie moderne japonaise. Il se lança donc dans le “Superflat”, style qui puise directement dans les mouvements Pop-art et Otaku, dit “Poku”. Pour lui, l’Otaku se prettait naturellement à une création artistique. Takashi Murakami était en fait frustré de constater le manque de vitalité du marché de l’art dans le Japon d’après-guerre. Cet art, méconnu à l’étranger et qu’il jugeait trop stagnant, était pour lui devenu anachronique. Tout celà poussa cet artiste à se tourner vers une nouvelle forme d’expression, préludant ainsi le renouveau de l’art contemporain japonais.       

C’est en 1996 qu’il fonda la Hiropon Factory; à l’origine un groupe d’assistants qui l’aidèrent à fabriquer sculptures et peintures. Cette fabrique gagna peu à peu en notoriété, jusqu’à devenir en 2001 une véritable société de promotion et de management d’artistes. Désormais, elle a pour nom “Kaikai Kiki Corporation”, du nom de deux personnages inventés par Murakami. Internationalement reconnue, elle est aujourd’hui forte de plus d’une centaine de membres au Japon comme aux Etats-Unis, et répond principalement à deux objectifs: garantir le succès des oeuvres de Murakami et promouvoir le travail de nouveaux artistes japonais qu’il parraine, comme la japonaise Chiho Aoshima.

Les membres de cette société sont en fait les élèves du maître, qui leur inculque son savoir et son style au fil du processus de production, mais eux-même ont une certaine liberté, et un espace dédié qui leur permet de partager leurs idées et d’exposer leurs oeuvres, de même qu’ils le font régulièrement à travers le monde.Un des projets majeurs qu’a réalisé Murakami a été la création d’un festival d’art, le GESAI, qui se tient deux fois par an au Japon. Sur place, les artistes et galeries peuvent exposer pendant une journée leurs oeuvres, et c’est chaque fois le rendez-vous d’un millier d’artistes vendu du monde entier. L’évènement

fait toujours l’objet d’une grande couverture médiatique. Toutefois, bien que largement ouvert à l’internationale, le GESAI reste fortement attaché à la tradition artistique japonaise. Takashi Murakami a donc aussi revêtu un second rôle, celui de commissaire d’exposition, qui prend à ses yeux une importance égale à celle d’artiste.

Le style de Takashi Murakami, comme nous l’avons évoqué, a pour nom “Superflat”. Fruit d’une recherche visant à analyser la manière dont l’art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental, c’est un style post-moderne qui part de plans de couleurs et d’images graphiques ajoutées à des personnages inspirés du monde des mangas, avec toutefois une profondeur qu’on ne retrouve pas dans ces dessin animés kitsch.

Le Superflat est dont un style artistique qui prend sa source dans la subculture Otaku et le consumérisme.      

 labmag02fze-600-x-363 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

En fait, Murakami, dans sa démarche, semble en apparence s’alligner sur ses prédecesseurs comme Andy Warhol, mais ses inspirations sont en fait différentes à bien des égards. Alors que Warhol prenait de l’art mineur et le transformait pour le rendre majeur, Takashi Murakami se sert de la culture populaire et la transforme tout en conservant son essence afin de la rendre accessible à tous. Il la décline ainsi sur différents supports, comme des peluches, des T-shirts ou encore des sacs, dans un processus qui s’apparente à de la démocratisation.

Murakami se distingue donc de ses pairs par ses méthodes de production, mais aussi ses processus de marketing: ses produits se retrouvent dans tous types de magasins sans exception, contrairement à d’autres qui ne vendent qu’en galeries et boutiques spécialisées. Son oeuvre se situe donc à la croisée des chemins de ses prédecesseurs, comme Warhol ou Roy Lichtenstein, et de ceux d’artistes contemporains du monde de la culture Otaku. Ce qui l’a notamment rendu célèbre sont deux créations majeures de son oeuvre, devenues au fil du temps des mascottes: “Hiropon” et “My lonesome Cow-boy”.

Le premier est une sculpure en fibre de verre d’une femme, stéréotype de celles présentes dans l’univers manga, avec une poitrine démesurée que son bikini couvre diffiçilement. Elle tient ses tétons d’où jaillit un flot de lait. Le second personnage est une sculpture du même genre, cette fois masculin, qui tient son jet de semence comme un lasso.                                               

     

sans-titre-600-x-471 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

 ”My Lonesome Cowboy” & “Hiropon”.  

Ces deux oeuvres, inspirées des mangas où l’apparence physique des héros est toujours caricaturée, ne sont en réalité pas faites pour choquer mais constituent une critique de l’occidentalisation de la culture nippone. Autre oeuvre très caractéristique du travail de Murakami, le tableau “Smooth Nightmare”. Exemple type du style de l’artiste, on y retrouve toutes les caractéristiques du Superflat, de même que le personnage en forme de champignon, récurrent, directement tiré des cultures alternatives japonaises.

Celui-ci est une des marques de fabrique de l’artiste avec d’autres personnages, comme Dob, qui a prit aujourd’hui pour lui “valeur d’autoportrait’, mais aussi des motifs de fleurs et d’yeux (Jellyfish Eyes).Particularité chez cet artiste, il réfléchit particulièrement aux scénographies qu’il étudie soigneusement afin de parfaire le rendu visuel de ses expositions dans le but de conditionner l’état d’esprit du spectateur.       

   

dob-600-x-600 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

“ Dob”.

Les oeuvres de Takashi Murakami s’arrachent à des prix astronomiques, comme l’illustre l’achat effectué en Juin dernier par le français François Pinault, PDG du groupe PPR et grand collectionneur d’art, qui a acquis “Tongarikun” (2003), sculpture de verre et accompagnée de quatre autres petites en forme de champignon, pour 1,5 Millions de dollars.

murakami_2-600-x-600 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

“Tongarikun”, devant le Rockfeller Center à NY.

Murakami a notament acquis une renommée mondiale par sa collaboration avec Marc Jacobs, directeur artistique de Louis-Vuitton, avec qui il a édité une série limitée de sacs, dont le fameux “cherry bag”. Il a aussi et surtout inventé le célèbre monogramme LV multicolore, décliné en 33 couleurs sur fond blanc ou noir.            

                                                      

  eyelovebd01-600-x-603 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

 Le motif  ”Eyelove”.

Ainsi, considéré comme le chef de file du mouvement néo-pop japonais, Murakami cherche à ouvrir la sous-culture japonaise au monde occidental, à la sortir des clichés où elle est emprisonnée, mais en bouleversant souvent le sacré qu’on voit en l’art. Lors de son exposition à Paris, il a ainsi rappelé “Je voulais montrer à l’occident [...] que nous avons délibérément choisi cette sous-culture si méprisée en Europe”. Critiquant notre art élitiste qui fait complexer le reste du monde, il prône au contraire un retour à l’art populaire dans son pays, car c’est là seulement où réside “[sa] force créative”.      

sans-titre-600-x-605 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

 10469bd01-600-x-505 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

gagosian-2-600-x-362 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

gagosian-3-600-x-323 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

 gagosian-4-600-x-366 Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.

Klawn.

Related Posts

4 Responses to “Focus: Takashi Murakami ou le père du Pop-Art Japonais.”


  1. 1 nanao yumi

    Bonjour.
    Je tire une illustration avec un japonais.
    Je fais maintenant la marque du T-shirt.
    Il y a le rêve pourquoi je veux décrire un jour un tableau dans en France.

  2. 2 シルクスクリーン999

    Apparament Murakami est detesté par le milieu de l’art japonais qui l’accuse d’opportunisme et de donner cette image l’art japonais à l’etranger, certe vendeuse, mais car elle correspond exactement au clichés que l’occident attend du japon. Il est aussi detesté par les Otaku et le milieu “Akiba”…

    Est ce que quelqu’un sait ou trouver le texte du concept “superflat” de murkami? Merci de m’ecrire au mail si dessous! http://www.elshopo.com/contact/index.php

  3. 3 Paul

    salut!
    il doit y avoir certes des controverses autour de lui, mais quoi qu’on dise, il a du talent c’est indeniable.
    qu’est-ce que le mileu akiba et les otaku ??

  4. 4 jaahr

    Akiba = akihabara = quartier emblématique de la culture “geek” japonaise (jeux videos, mangas et electronique etc).

    Otaku= geek, nerd, passionné monodirectionnel generalement renfermé, terme souvent utilisé pour les passionnés de mangas. Généralement pejoratif, potentiellement positif (passioné, a fond, 2nd degres? )

    J’admire aussi beaucoup visuellement ces créations et suis excité par ses scultures. Mais il y a une grosse part de bobard la dedans, une stratégie commerciale qui n’a rien de critique sur l’occidentalisation mais qui se base sur des differences culturelles et les clichés, et l’incompréhension mutuelle occident/japon (langue, culture, tradition artistique). Cherchez ou est la revolution pop la dedans, j’arrive pas à trouver… Rien non plus de chef de file au japon, encore jamais recontré de fan de murakami au japon, ni vu dans les musées (a la biennale de Lyon et chez peyrotin oui, mais pas encore a tokyo), seulement des hotesses de cabaret japonaises ou des petites riches écervelleés qui achetent ses sacs vuitton… alors si “il prône (..) un retour à l’art populaire dans son pays” de cette facon, il faut pas y croiron est mal barrés.

    checkez aussi cet article sur Murakami : http://www.come4news.com/2007-manga-sexe-et-otaku-lart-de-takashi-murakami-3.html

Leave a Reply