Report : jonOne – My Father’s Keeper @ Galerie Le Feuvre

 

sg103575 Report : jonOne   My Father’s Keeper @ Galerie Le Feuvre

JonOne expose rue Faubourg Saint-Honore

Pour sa grande exposition de l’année à Paris, JonOne expose rive droite du 13 novembre au
20 décembre 2008 à la galerie Le Feuvre, la galerie émergente de la rue du Faubourg


Saint-Honoré.

L’exposition se deroule du 13 Novembre au 20 Decembre 2008 a la Galerie Le Feuvre.

Galerie Le Feuvre
164 rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris – France
+ 33 (0) 1 40 07 11 11

JonOne y présente un nouvel opus de la série développée récemment, où son nom
(JonOneRock), graffé à l’infini dans un égocentrisme de second degré, devient son motif
principal. Cette série vient s’ajouter à la série Old School colorée et très détaillée qui était sa
marque de fabrique sur la toile depuis 1987, et, depuis 2001, à la série de formes plus épurées
ou transparaît parfois la toile brute, symbole de la rue.
JonOne, né en 1963 à New York de parents originaires de Saint-Domingue, commence à
graffer sur les trains de la MTA à New York (Metropolitan Transit Authority) à partir de
1979, après la première génération des pionniers du graffiti. Cette situation oblige l’enfant de
la 156ème rue à trouver un motif qui le distinguera des autres pour lui permettre de prendre sa
place sur une scène dont les légendes sont déjà installées. Très tôt, il développe une vision
sortant des figures imposées du graffiti : là où ses amis graffeurs inscrivent leur nom, parfois
accompagné de figures, JonOne s’attache à peindre en freestyle le mouvement de la couleur.
Il évoque comme élément fondateur de son style la vision d’une rame de métro graffée engendrant des traînées de couleurs avec la vitesse. Apparaissent ainsi sur les rames de métro
de la MTA des oeuvres abstraites laissant place à l’émotion du graffiti plutôt qu’au motif d’un
nom. JonOne est le premier avec le légendaire Futura 2000 – de dix ans son aîné – à créer une
oeuvre abstraite totalement différente de ce que l’on s’attend à voir lorsque l’on parle de
graffiti. Cette façon inédite de peindre lui vaut pendant un temps le surnom de Jazzy Jon. Il a
vingt ans et il est déjà dans l’art contemporain.
En 1987 la MTA gagne la bataille contre les writers : elle parvient à nettoyer les trains avant
même qu’ils ne sortent du garage. Face à cette situation et à la répression qui l’accompagne,
JonOne décide de quitter les Etats-Unis et de venir s’installer en France, à l’image des
jazzmen qui vinrent à Paris dans les années cinquante pour fuir un contexte devenu difficile
dans leur pays. Son arrivée a été vécue par les graffeurs européens comme un honneur et une
opportunité d’apprendre avec l’un des pionniers du graffiti.
Depuis cette époque, JonOne vit entre New-York et Paris. Il consacre sa vie à la peinture et
développe son travail sur la toile sans pour autant abandonner la rue où il retourne se
ressourcer régulièrement. Sa production ne s’est jamais interrompue, ce qui permet
aujourd’hui aux premiers collectionneurs d’alimenter le marché des ventes aux enchères avec
le succès que l’on connaît.
La vision de JonOne est restée la même depuis les premiers jours du graffiti à New York :
l’énergie du mouvement dans un geste d’expression abstraite, symbole d’une génération qui a
survécu aux difficultés d’une ville en faillite et le fait savoir.
Le style unique de JonOne dépasse les codes traditionnels du graffiti. Que ce soit dans sa série
Old School, dans sa série plus épurée ou dans sa série « graph », JonOne est le chaînon
manquant entre les grands maîtres comme Kandinsky et Matisse, les expressionnistes abstraits
américains tels que Pollock, De Kooning, Joan Mitchell et Robert Motherwell, et l’art
contemporain.
A travers le nouvel opus qu’il nous est donné le plaisir de découvrir à l’occasion de cette
exposition, on retrouve l’âme de New-York et de Saint-Domingue dans un tourbillon de
formes et de couleurs. La peinture dégouline en opposition avec la calligraphie qui s’y ajoute.
Les drippings sont parfois volontairement stylisés. Le motif est en mouvement et donne le
sentiment de descendre lentement (mais sûrement) sur la toile, de la recouvrir, de l’envahir.
JonOne nous signifie qu’après les trains de la MTA et les murs de la rue, son oeuvre va
continuer sa progression sur les murs des galeries, des collectionneurs et des musées, sans que
rien ne puisse l’arrêter. Il nous dit aussi qu’il poursuit cette oeuvre au nom des writers, au nom
d’une génération, d’une école qui est plus que jamais présente et influente. Dans ce tourbillon
de formes et de couleurs, on trouve le nom d’un artiste écrit en superpositions avec l’énergie
de celui qui connaît son but (être tout simplement le meilleur !) et sait qu’il va l’atteindre.
My Father’s Keeper. Tel est le titre que JonOne a voulu donner à cette exposition en
hommage à son père. La « relève de mon père ».
De New-York à Hong-Kong, du métro au musée, JonOne nous dit qu’une époque se termine
et qu’il en symbolise la relève.

Interview

« Je n’ai reçu aucune éducation artistique. Quand je taguais les trains à New York, je ne
pouvais pas imaginer qu’un jour je m’exprimerais sur la toile.
Ce qui m’a vraiment amené au tag a été de voir les autres peindre des graffitis dans toute la
ville. L’école à laquelle j’allais était très stricte. Et tellement ennuyeuse! Je me souviens qu’à
l’époque, ceux de la rue avaient la liberté. Je ne voulais pas de ce que l’Amérique me
proposait : un travail, un joli costume et une jolie maison.
J’ai rencontré A-One. Il avait l’habitude de traîner avec Jean-Michel Basquiat. A-one était le
lien entre la rue et le monde de l’art. Il voyageait en Europe et revenais avec beaucoup
d’argent, simplement grâce à son art. J’écoutais ses récits de voyage et mes yeux brillaient
d’envie.
A cette époque à New York, j’étais comme beaucoup aujourd’hui : je traînais devant mon
immeuble. En ces temps, moi non plus je ne sortais pas de mon quartier. Grâce à A-One, j’ai
commencé à visiter des expositions, à nourrir ma vision de ce qui se passait dans ce monde.
J’ai commencé à prendre mon travail au sérieux, à ne pas le considérer comme du
vandalisme mais simplement comme de l’art. »

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